Pénitence
et moisson, deux mots ringards ?
frMichel, 12 janvier 2006
Deux
mots-clés: pénitence et moisson. Ringards? Non, totalement rénovés au
contraire.
Quand
on entre dans l'univers de conscience du pèlerins d'Arès on commence à
entendre ces mots: pénitence, moisson, et leurs dérivés: pénitent(s),
pénitente(s), moissonneur(s), etc. Le premier fait penser à des
pratiques religieuses ennuyeuses. Le second à un rabâchage des
évangiles pas moins ennuyeux.
Or, ces deux mots, surtout pénitence,
forment avec quelques autres d'allure démodée: péché, rite, culte, etc.
l'avant-garde d'un vocabulaire auquel La Révélation d'Arès redonne des
sens positifs, oubliés et déformés par des siècles de religion. Le
créateur, auteur de cette révélation, doit d'une part utiliser une
langue humaine, y compris ses éléments démodés et abatardis, pour être
compris d'humains, mais en même temps doit leur redonner un sens neuf
et dynamique pour que sa parole soit réellement une révélation.
Pénitence
ne signifie pas du tout remords de ses fautes, punition, expiation,
etc., mais prise de conscience et mise en pratique du bien (amour,
pardon, paix, intelligence et liberté spirituelles). Ce mot prend un
sens résolument créateur, constructif. De plus il a moins un sens moral
qu'un sens pratique, la pénitence étant la seule voie de retour de
l'individu comme du monde (société) au bien et au bonheur, un retour
que la religion, la politique, la loi, la morale, n'ont pas réussi à
faire depuis des millénaires.
Moisson signifie simplement devoir de rechercher et trouver des humains
aptes ou mieux encore prêts à faire pénitence.
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Madeleine,
22 mai 2006
L’enfant
retrouvé ou l’enfant prodigue (Luc : 15/11-32), lu à la lumière de la
Révélation d’Arès (16/11), prend une autre dimension. La parabole ne
parle que de la joie du père qui organise une grande fête pour son
fils, qui, rentré en lui-même (rentré en pénitence), décide de
retourner chez son père. On pourrait penser que le fils qui se sent
tellement coupable baisse le nez, est plein de remord. Alors que la
Révélation d’Arès parle de la joie, de la fête
du pénitent, c’est-à-dire de celui qui a changé sa
vie. C’est normal puisqu’en remettant nos pas dans les Pas du Père, il
y a fusion entre le Père et le fils : Je l’ai fondu en Moi ;
J’en ai fait un Dieu ; il est devenu Moi (32/5).
Tout ce qu’éprouve le Père est ressenti par le fils et inversement. La
souffrance comme la joie sont ressenties par l’un et l’autre puisqu’il
y a fusion. Puisque tout ce qui est au Père est au fils.
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Bernlouby, 22 mai 2006
ça parle bien Mad, ce que tu dis là des suites du
retour vers son père de l'enfant prodigue : un
total renouvellement, un renversement de situation, tout devient
positif, bon. Le retour, la recréation, la pénitence
efface ce que n'efface pas l'imploration : les
oeuvres mauvaises (d'après Révélation d'Arès
33/31), les peines... tout est neuf, nouveau, bon, joyeux...
quel beau projet permanent dans notre vie de labeur, de plaintes,
d'envie, quelle projet constructif, positif de retour de l'humanité au
plan créateur !!!
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frMichel,
25 mai 2006
Ce
thème, que Geairoutte a exhumé de quelque part, démarre sur le passage
de la pénombre dans laquelle les théologiens ont plongé pénitence
et moisson à la lumière sous laquelle La
Révélation d'Arès
replace ces concepts. Mais voilà qu'il passe quasi instantanément au
thème de la joie par quoi est conclue la parabole du fils prodigue.
Avec raison Madeleine rapproche cette joie-là de la
joie du pénitent (30/11).
Puisqu'on passe au thème de la joie que procure la justice
(au sens biblique), je souligne qu'une des grandes occasions de joie
est le pardon.
Je n'ai jamais rencontré une personne qui nourrit une rancune envers un
humain ou un groupe humain éprouvant une joie
digne de ce nom dans sa rancune. Il peut seulement éprouver une sorte
de jubilation malsaine à l'idée qu'un malheur pourrait survenir dans la
vie de l'être ou des êtres exécrés.
Par contre, s'il pardonne, il peut éprouver une intense joie
dans ce pardon. L'amour est vraiment source de joie.
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Madeleine,
25 mai 2006
Il
y a votre réponse, frère Michel, qui souligne la joie du pardon, et en
même temps le projet de Nicolas Sarkosy pour lutter contre la
délinquance. Il y a un tel décalage que cela parait irréel. Le titre du
journal ce matin était: "Contre la délinquance la loi sera plus dure".
Parfois on se sent bien petit face au Goliath qu'est le monde. S'il n'y
avait pas eu David, on n'aurait peut-être du mal à croire que le monde
changera grâce à un petit nombre d'hommes qui aura fait le choix
d'aimer, de pardonner, plutôt que de punir et de sanctionner. Il y a eu
David et puis il y a le Père qui ne serait sans doute pas venu appeler
les hommes à changer si c'était impossible.
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Bernard
Faith, 25 mai 2006
Il
y a une immense bêtise collective. Les hommes veulent être heureux et
font tout l'inverse de ce qu'il faut.
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Madeleine,
25 mai 2006
Citation :
Il y a une immense
bêtise collective. Les hommes veulent être heureux et font tout
l'inverse de ce qu'il faut.
Parce
qu'ils n'ont peut-être pas eu la preuve qu'être heureux passe par
"aimer et pardonner". À nous d'en faire la preuve (cela n'est pas tous
les jours faciles), cela leur donnera peut-être envie de prendre cette
direction.
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Bernlouby,
25 mai 2006
Citation :
Parce
qu'ils n'ont peut-être pas eu la preuve qu'être heureux passe par
"aimer et pardonner". À nous d'en faire la preuve (cela n'est pas tous
les jours faciles)
Absolument!
Et je dis suite à la remarque que me faisait aujourd'hui Geairoutte "si
notre mission était facile cela se saurait":
Notre difficulté est d’entrer dans le coeur du monde, dans notre propre
coeur, de le laver,
on
n’a pas appris à le faire, c’est difficile, mais c’est ça que nous
devons apprendre, transmettre à nos enfants (j’ai un mal fou à leur
faire sentir qu’ils peuvent prendre de l’avance sur moi, combien c’est
bon de “prendre des bonnes habitudes plutôt que des mauvais défauts”,
parce que, d’habitude, il n’y a rien de bon sinon de se mettre à
évoluer avec cette parole plus fondamentale que l’air, l’eau ou le sang,
mais qui le sent, qui le comprend, qui le vit...
Vivons le...
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frMichel,
26 mai 2006
Tout
cela est très juste. On peut aussi dire ces choses autrement. A côté de
"être heureux passe par aimer et pardonner (je cite de mémoire, ce
n'est peut-être pas le véritable mot à mot) on peut dire "être heureux
passe par la sagesse ou par l'intelligence, ce qui
permet un
développement quasi automatique des propriétés les plus intéressantes
de l'amour et du pardon, notamment qu'avant tout c'est une sagesse.
On
permet ainsi à ces mots d'échapper aux limites de l'émotion. Si j'aime
et pardonne, c'est d'abord par sagesse, parce qu'il n'est aucun monde
harmonieux et spirituel où aimer et pardonner ne soient d'abord des
actes intelligents, donc de sagesse, donc de devoir
comme je le
dis souvent. Remplacer l'amour-émotion et le pardon-émotion par
l'amour-devoir et le pardon-devoir n'empêche pas la joie
(l'émotion) de les pratiquer et de constater leur heureux résultat.
On est évidemmment très loin des stéréotypes du cinéma ou de la pub.
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Madeleine,
28 et 29 mai 2006
La
pénitence passe par le choix d'aimer et de pardonner mais aussi par
celui de se libérer de la peur et de la soumission aux pouvoirs quels
qu'ils soient.
Or, pour l'homme qui exerce un pouvoir, qui semble
(?) n'exister que par ce pouvoir, l'aimer, pour lui, serait accepter de
lui ce pouvoir, se soumettre à lui. D'où la difficulté, la tension et
l'incompréhension qui peut s'installer dans une relation.
C'est
peut-être la raison pour laquelle je préfère l'expression "lucidité
pardonnante" qui est dans une dynamique de construction plutôt que le
terme pardonner que je ressens plus comme une passivité.
(ajouté
le 29 mai) En relisant ce que j'ai écrit précédemment, j'ai eu envie
d'effacer parce que ça n'élève pas, ça n'apporte rien. Cette réflexion
que j'ai, il n'était pas utile de l'écrire. Aussi la question qui me
vient est celle-ci: Comme le frère Michel est parmi nous, même s'il
vient en simple visiteur, comment utiliser ce moyen du forum pour
profiter au maximum de ses conseils, et que ses conseils profitent à
tous?
Quels sujets peuvent être abordés, et de quelle façon les aborder?
Pensées fraternelles à tous
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frMichel,
30 mai 2006
Citation :
En relisant ce que
j'ai écrit précédemment, j'ai eu envie d'effacer parce que ça n'élève
pas, ça n'apporte rien.
Mais
non, Madeleine, rien de ce que vous écrivez n'est inutile. Un échange,
c'est un échange de ce qui est bas (qui n'élève pas) comme de ce qui
est haut, sinon rien ne peut en sortir de lumineux et de raisonnable.
Vous êtes d'ailleurs très loin d'écrire des choses "qui n'élèvent pas."
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- Fin
de la Table ronde retranscrite publiquement par Frère Michel sur
AbsoluteLife MSN -
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