Jusqu'où va le pardon ?
 
 Bernard Faith, 3 avril 2006, 
Jusqu’à il y a peu de temps j’assimilai le pardon aux grosses fâcheries. « Je ne veux plus te voir » etc… aux gros maux, meurtre, vol, trahisons, etc … qu’il fallait que la victime pardonne. Aujourd’hui je m’interroge jusqu’où va le pardon et je m’aperçois, qu’un petit préjugé, c’est déjà qu’on en veut à quelqu’un. Je m’explique : préjugé... jugement... condamnation, donc vengeance d’un tort, qu’on n’a peut-être pas perçu, mais qui est bien là. Ainsi le pardon entre deux personnes devrait aller jusqu’à l’absence de tout préjugés entre ces deux personnes. Le pardon s'il est mené au bout de sa logique, rend donc absolument libre.
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 Madeleine, 8 avril 2006,
Citation :
je m’aperçois, qu’un petit préjugé, c’est déjà qu’on en veut à quelqu’un. Je m’explique : préjugé ...jugement...condamnation, donc vengeance d’un tort, qu’on n’a peut-être pas perçu , mais qui est bien là
La définition que nous donne le dictionnaire du terme "préjugé": Opinion préconçue souvent imposée par le milieu ou l'époque, idée toute faite, idée reçue., supposition.
Il existe le préjugé favorable et le défavorable.
Le fait d'avoir un préjugé défavorable par rapport à quelqu'un signifie-t-il qu'on lui en veut? Je ne crois pas. Avoir des préjugés est plus un manque de lucidité qui nous fait évoluer dans l'erreur. Si je dis que tel ou tel est comme cela parce qu'il est tatoué c'est un préjugé, mais je n'ai pas d'esprit de vengeance à son égard. Par contre je gagnerai à le connaître parce que cela m'aidera à me libérer de mon préjugé.
Je crois que pour qu'il y ait pardon, il doit y avoir offense. Si l'autre est l'offensé je vais lui demander de me pardonner et s'il est l'offenseur j'ai le devoir, puisque j'ai choisi de mettre mes pas dans les Pas du Père (Révélation d'Arès 2/12) de pardonner. Par contre l'autre a la liberté d'accepter ou de refuser mon pardon. Ce n'est pas non plus parce que je lui pardonne que cela le libère, lui, de ses préjugés s'il n'en fait pas le choix.
Cest un peu, Bernard, ce que m'a inspiré ton texte mais c'est sans doute un peu bref. Peut-être que je n'ai pas vu ce que tu voulais exprimer.
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 Madeleine, 9 avril 2006
En fait, je crois que le pardon est l'état permanent de l'homme qui s'est recréé bon, qui a retrouvé sa nature initiale profonde qui est image et ressemblance (Genèse 1/26) du Créateur.
Le Père, et donc l'homme redevenu frère au sens que lui donne la Révélation d'Arès, ne souffre pas pour lui-même, Il n'a pas de souffrance "d'égo" du péché de l'homme mais Il souffre pour l'homme, avec l'homme des choix du péché que fait ce dernier. Il souffre comme une mère ou (et) un père peut souffrir de son enfant qui par ses choix se détruit va vers la souffrance, mais sans en vouloir à son enfant, sans avoir à pardonner à son enfant. Son voeu étant simplement qu'il prenne conscience qu'en changeant il sera plus heureux et tous avec lui. Je ne pardonne pas le pécheur; Ma Volonté est qu'il cesse d'être pécheur. (Révélation d'Arès 30/10).
Tant que nous n'avons pas pris assez de hauteur pour ne pas être blessé du comportement de l'autre, le pardon est l'outil indispensable pour avancer dans la pénitence, pénitence qui n'est pas dolorisme mais recréation de soi, (voir forum du frère Michel). Le pardon libère de tout ce qui ramène en arrière: amertume, animosité, "petits vélos dans la tête" liés à l'offense et qui nous font lâcher la Main du Père: "Je marche en avant avec toi; Mes Pas ne t'accompagneront pas en arrière, et tu seras sans Protection". (Révélation d'Arès 39/6). Pardonner c'est aussi un acte d'amour que nous donnons à l'autre. C'est reconnaître que nous aussi nous avons sans doute à être pardonnés. Et parfois, je me dis que tant que "l'égo" est bien vivace, il n'est pas évident de recevoir pardon (RA 12/4).
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 Bernard Faith, 9 avril 2006
Bonsoir Madeleine,
merci pour tes deux réponses. Je ne sais pas trop comment y répondre, précisement, alors je vais écrire comme cela me vient sans recherche de cohérence vraiment immédiate avec ce que tu as écrit tout en restant dans l'ambiance de ce que tu as écrit.
Oui, je crois que le pardon a à voir avec ce qui achoppe avec l'autre. C'est un moyen de nous libérer des noeuds du mal qu'ils proviennent de nous mêmes ou qu'on nous les transmettent. Je crois toujours que les préjugés ont à voir avec le pardon, même s'ils sont très peu conscients, même si c'est la répercussion d'un tort ancestral, dont on ne connait plus l'origine. L'offense peut paraitre rationnelle mais sa répercussion est souvent irrationnelle. La suceptibilité par exemple m'a souvent fait me poser des questions de pardon. Si l'autre est choqué par tel ou tel de mes attitudes, ou propos, qui pour moi sont insignifiants mais pour lui prennent une dimensions extraordinaires - cela vient encore de m'arriver - le pardon dans ce cas me semble vraiment une sagesse collective pour rendre conscient le fait que l'amour doit gagner quelque soient les changements que l'on devra opérer de part et d'autres.http://revelares.net/avatar_g-root1.jpg

Le pardon c'est faire gagner l'amour, l'humanité libre et c'est donc faire perdre le péché, la division. Ceci dit le pardon doit s'accompagner de "prudence" c'est à dire de laisser à l'autre le temps de changer et puis certains caractères seront toujours difficiles à concilier, vu la diversité des tempéraments.
Pour ma part je suis aussi "prudent" avec les préjugés positifs que les négatifs car ceux-ici peuvent reflèter de "l'envie" de "la convoitise" de "la soumission" beaucoup de choses qui dénotent une offense profonde par rapport à la "nature originelle" en nous. Il faut vraiment creuser, ne plus vouloir avoir de préjugés avec l'autre pour en quelque sorte aller au delà des causes du mal dans l'autre. Pèche-t-on par plaisir ? je le crois de moins en moins ? on s'abuse souvent tout seul, causant du tort aux autres, prisonnier de la bêtise. Le pardon aide au retour de "l'intelligence".
Un verset qui m'apparait en ce moment avoir une importance capitale, notament avec toutes ces attaques anti-secte et qui a à voir en permanence avec tous nos rapports humains c'est "Ne te préoccupe pas de te défendre, affaire toi à ce que je te commande aujourd'hui" (29/6) qui ne peut être vécu que dans une tension permanente de pardon pour tous les torts qu'on nous cause. Ce qui ne veut pas dire ne pas répondre à l'autre. Je m'aperçois en me tendant pour l'accomplir que cela met dans un état tout a fait particulier, mais qu'il est très dur d'être tendu et tendu de bonté. Je regrette de ne pas l'avoir compris plus tôt, cela m'aurait évité beaucoup de souffrances et d'efforts incomplets.
Se rappeller l'attitude qu'on avait enfant allant, transparent, vers n'importe qui, me semble important pour mesurer ce qu'il y a à pardonner dans notre coeur à tous et à toutes.
A la prochaine,
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 Bernlouby, 10 avril 2006
Citation :
Se rappeller l'attitude qu'on avait enfant allant, transparent, vers n'importe qui, me semble important pour mesurer ce qu'il y a à pardonner dans notre coeur à tous et à toutes
[33/8] Plus tu videras ta tête des sciences vaniteuses, sous Mon Souffle, dans l'éclat de l'Esprit, plus tu discerneras Mes Merveilles ; c'est pourquoi J'ai dit : soyez comme les enfants !
[33/9] C'est de la bouche des doux et des petits que partent les flammes qui consumeront les méchants, les faux et les cupides. Obéis-Moi comme un petit enfant, et avec ta descendance tu nettoieras le monde et prépareras Mon Jour.
tre un homme ou une femme de pardon ou libre de préjugés, cela ne revient-il pas à être comme ces doux et ces petits, comme notre Fer que nous mettons dans la Main du Père?
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Visiteur, 11 avril 2006
Bonjour à tous
La difficulté à être dans l'état de pardon c'est qu'on ne doit "pas non plus faire la colombe" face "aux mauvais" d'où un fil de Parole extrêment dur à trouver. Il y a sur le Blog de Frère Michel, une remarque sur la protestation tout à fait à propos pour contrebalancer l'angélisme auquel nous porte naturellement le bien : « votre commentaire me donne l'occasion de vous rappeler que protester contre les exhibitions "obscènes" d'un camarade de voyage n'est pas juger, mais simplement demander une tranquillité légitime. »
Je vais devoir trouver des mots pour apprendre à protester.
Je vous embrasse fraternellement
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 Madeleine, 11 avril 2006
Citation :
Je vais devoir trouver des mots pour apprendre à protester.
Si nous avons autant de difficultés à protester, c'est peut-être parce qu'on ne sait pas encore très bien (ou qu'on ne vit pas, mais en fait si on vivait on saurait), ce qu'est l'amour évangélique. On ne sait pas encore très bien ce qu'est un homme bon. C'est pourquoi je reviens souvent à l'exemple du jardinier parce que cela m'aide à découvrir ce qu'est la bonté.
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 frMichel, 12 avril 2006
Cher Bernard, chers tous,
Le long commentaire de Bernard m'a beaucoup intéressé, peut-être moins pour ses arguments que parce que Bernard se montre, comme homme de bien, très préoccupé par l'application du pardon dans ses relations avec les autres quand elles sont difficiles, conflictuelles. Il introduit de façon intéressante la notion de répercussion. En effet, l'aventure, brève ou longue, d'un conflit entre deux hommes ou plusieurs hommes est une suite d'effets répercussifs. Le ton tend à monter. Il monte, pas tant parce que le pardon est absent de l'intention de l'un ou de l'autre que parce qu'il y a besoin d'expliquer et de convaincre. Là surgissent mots et pensées malheureux, là est le danger, la zone où l'on ne pourra plus pardonner.
Ce besoin de convaincre devient très vite passionnel, en quelques minutes ou quelques jours. La première précaution contre cela consiste essentiellement à toujours, toujours, repousser la passion, une très mauvaise inspiratrice, qu'on ait tort ou raison ou qu'on n'ait ni tort ni raison, car il arrive que la vérité recherchée soit ailleurs.
Donc, étouffer la passion, s'asseoir sur elle sans se relever, ne pas lui laisser le moindre souffle.
Cela est d'autant plus important que le différend demeure et demande des échanges; Une vérité très utile peut en sortir. Le silence ne résout pas tout, loin de là. Mais que l'échange se fasse sans passion et pour cela il faut reprendre calmement sa respiration entre chaque phrase ou chaque phase du conflit. Ne jamais avoir peur de renoncer à avoir le dernier mot. C'est aussi une façon de pardon parmi les plus élégantes; Ne jamais perdre sa courtoisie.
Ce sont simplement quelques conseils utiles que tout le monde devrait suivre.
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 g-root, 12 avril 2006
Visiteur anonyme a dit :
Citation :
Je vais devoir trouver des mots pour apprendre à protester.
Bonjour Visiteur anonyme
(vous avez oublié de signer votre message par un prénom ou un pseudo).
Bienvenu(e) sur les forums de AbsoluteLife.
J'ai trouvé votre sujet "apprendre à protester" intéressant. Je l'ai reproduit dans le forum de g-root, dans lequel j'ai fait une première réponse...
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 Bernard Faith, 12 avril 2006
Bonsoir G-root,
c'est moi qui ai envoyé ce message. Je ne m'étais même pas rendu compte que je m'étais connecté sans mon nom. Je ferai attention la prochaine fois.
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 Bernlouby, 12 avril 2006
Citation :

        c'est moi qui ai envoyé ce message. Je ne m'étais même pas rendu compte que je m'étais connecté sans mon nom.

Dommage, bernard, parce qu'en plus du nom en moins, il y avait ta photo en moins et je la trouve souriante,
sans passion aucune,
baiser fraternel,
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 Bernard Faith, 13 avril 2006
Merci Frère Michel pour vos conseils que je trouve "beaux" . Je vais m'appliquer à les comprendre tout en les accomplissants.
Tout ce que vous dites raisonne fort en moi.
Je sens bien cette difficulté pas tant à exprimer ce que je ressents que trouver la faculté de créer l'espace où le vrai dialogue est possible, où la vraie vie peut s'exprimer, celle où l'autre à part partagée, et où une vraie recherche de solutions est possible. Déjà sur internet quand je fais l'effort d'attendre une journée avant de répondre à un message je suis toujours surpris comment ce temps d'attente favorise "la mesure" et de voir des éléments qui n'étaient pas apparus à la première lecture. Et comment aussi la vie des autres qui entre en nous et la prière, apportent des éléments qui temporisent la passion particulière et ouvrent des espaces de réflexion nouveaux. "Ta force sera dans ta patience et dans les conseils que tu prendras" (35,7) nous dit le Père.
Cette "élégance" du pardon à ne pas avoir le dernier mot est presque nouvelle pour moi quoique je l'ai accomplie il y a quelques mois suite à vouloir accomplir "le sermon sur la montagne" dans une situation difficile, où j'ai contenu mes nerfs, mais je me suis longtemps demandé si j'avais bien fait, sans conclure. Maintenant me voilà plus à même de comprendre cette expérience et de la reproduire.
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 Nathalie, 1er mai 2006
Bonjour Bernard,
Je comprends tes réflexions sur le pardon.
Pour ma part, je veille à demander pardon et à pardonner dans la mesure où la personne offensée accepte mon pardon. Par contre, j’éprouve parfois des difficultés à ne pas chercher à expliquer et convaincre, en pensant avoir raison, et à repousser alors la passion qui m’habite dans ces moments de tension avec l’autre comme le conseille frère Michel, et pourtant j’ai bien conscience que c’est une faiblesse que je dois dépasser. Ce besoin de défendre sa pensée relève de l’orgueil, donc d’un manque d’humilité, mais aussi d’une absence de lucidité, qui nous cache notre esprit présomptueux que nous devons absolument étouffer, par une pénitence toujours plus poussée, pour poursuivre plus sereinement notre ascension vers les Hauteurs.
Bonne soirée
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 frMichel, 1er mai 2006
Dans l'absolu le pardon n'a pas de limites ni de conditions. À "Jusqu'où va le pardon?" la réponse est: Jusqu'à l'infini. Comme l'amour.
Seulement voilà, nous sommes des pécheurs et aussi, même quand nous luttons pour rester sans péché, des humains avec des nerfs. Nous passons par des moments de faiblesse et de cécité affective ou morale au cours desquels le pardon est difficile, voire impossible, ne serait-ce qu'un temps très court comme, par exemple, le temps de la colère.
Mais la colère elle-même est problématique en ceci qu'il y a colère et colère: La colère commune et dégradante pouvant conduire à des mots et des actes regrettables et la colère à l'image de celle du Père aimant qui n'est pas éteinte à jamais (Rév d'Arès 30/9). Nous voyons bien ici que La Révélation d'Arès nous entraîne à des comportements tout à fait nouveaux. Il faut, dans la perspective du pardon qui, dans l'absolu, est une notion non culturelle, nouvelle, réfléchir aux comportement nouveaux auxquels nous sommes poussés comme petit reste, car le petit reste n'est pas un club de médaillés posant béats pour une photo, mais des hommes du temps qui vient, des hommes nouveaux.
Comment dois-je réellement me comporter le jour où mes yeux lancent des éclairs, mais où je dois simultanément ne pas fulminer, mais exhorter à la pénitence, mettre en garde contre l'abomination... (Rév d'Arès 36/17). En effet, ce jour-là je dois tout à la fois montrer de la colère (lancer des éclairs) et garder toute ma lucidité pardonnante, puisqu'exorter à la pénitence, ce ne peut être que manifester cette sorte de lucidité.
Nous pouvons et devons pousser plus loin, et même très loin, notre réflexion sur le pardon en tant qu'images et ressemblances du Père, puisque lui-même ne pardonne pas le péché, sa Volonté est que le pécheur cesse de pécher (Rév d'Arès 30/10).
Il y a de quoi se sentir dépassé, se frotter les yeux, prendre un air ahuri, car c'est en remuant dans notre tête de telles Paroles que nous prenons conscience que le pardon, de part les diverses acceptions que le mot prend sur les lèvres mêmes de Jésus en 1974, est plus qu'une chose difficile. C'est une notion qui en fait avait disparu et qui ressurgit de la nuit des temps, renouvelée, et donc comme nouvelle pour nous.
En posant la question: Jusqu'où va le pardon? Vous ne vous doutiez pas qu'elle (la question) allait vous entrainer dans les profondeurs d'un Message qui a beaucoup plus d'originalité que vous ne l'imaginiez.
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 Madeleine, 3 et 4 mai 2006
Cher frère Michel
Citation :
et garder toute ma lucidité pardonnante, puisqu'exorter à la pénitence, ce ne peut être que manifester cette sorte de lucidité.
Citation :
puisqu'exorter à la pénitence, ce ne peut être que manifester cette sorte de lucidité.
Vous est-il possible de développer un peu plus ce passage?
Est-ce manifester avec des mots, ou est-ce que le fait d'être dans l'état de pardon, l'autre le ressent et cela le fait évoluer?
 
(Rectification le 4 mai) Je crois que je fais une erreur en dissociant la lucidité pardonnante et les mots de la colère. La lucidité pardonnante vient, je pense, de l'acquisition du non-jugement, et donc, les mots de la colère ne seront ni humiliants ni destructeurs de la personne (de toute façon humilier quelqu'un c'est toujours un peu le détruire et l'empêcher d'évoluer), mais porteront sur l'acte et ses conséquences.
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 frMichel, 4 mai 2006
Bien vu, Madeleine.
Si j'exhorte à la pénitence, je fais preuve de lucidité pardonnante, parce que tandis que j'exorte tel ou telle sur la possibilité de se re-créer en devenant bon(ne), la Parole: Je ne pardonne pas le péché, Mon Salut n'est pas au bout du pardon, mais de la pénitence... (30/10), sous-tend silencieusement tout ce que je lui dit. Mon exhortation sans parler du pardon (mot qui peut induire en erreur, vue notre culture) rappelle que la vraie foi, évolutive, créatrice, est une tension reconstructrice par elle-même, et donc que tout ce qui peut se faire sous l'égide de la pénitence, y compris l'exortation à cette action, est ipso facto pardonnant, sans qu'on ait besoin d'y penser.
Si, radin comme un pou, je me fais violence et donne un Euro à une cloche [un clochard], il y a dans ce geste simple quelque chose de pardonnant sans que j'y aie seulement songé.
Quand l'église dit que par la croix les péchés ont été pardonnés, elle se trompe en déclarant que cette mort atroce était programmée par Dieu pour la rédemption générale, mais elle manifeste sans s'en douter l'intuition géniale, mais oubliée, qu'eurent certains premiers chrétiens, que quelque part un sacrifice de cette sorte, même involontaire, avait quelque chose de rédempteur, même d'effet indéterminé, au moins pour celui qui agonisait sur le bois sans l'avoir voulu, mais aussi — pourquoi pas? — pour d'autres.
Ce n'est pas quelque chose de facile à expliquer avec des mots. Je vais essayer d'expliquer ça autrement.
Jésus agonisait dans des souffrances terribles pour avoir prêché la pénitence. En quelque sorte, son enseignement se retournait contre lui... Apparemment. En fait c'était une ultime conclusion de son enseignement (parmi d'autres conclusions possibles: pour Muhammad la guerre sainte, pour d'autres d'autres fins, glorieuses ou misérables) sans même qu'il l'ait cherché (sinon par imprudence). Donc, dans le fil des choses, son exortation à la pénitence avait sous-tendu d'un bout à l'autre une régénérescence, un pardon au sens constructeur, naturel, et non expiateur. Les langues et les dialectiques humaines n'ont pas de moyens efficaces d'expliquer cela. Domaine de tension, de gloire interne. On entre là dans une dynamique spirituelle très profonde... Arrêtons!
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 g-root, 7 mai 2006
Citation :
On entre là dans une dynamique spirituelle très profonde...
Voulez-vous dire, frère Michel, que, de même que Jésus fût cloué sur la croix (pour avoir enseigné la pénitence), vous êtes cloué sur la croix ... de votre solitude (d'avoir aussi enseigné la pénitence) ?
Je ne sais pas pourquoi, vous voyez, même à mon petit niveau, ce monde, comment dire, nous exclut, oui, nous condamne à une solitude subie, c'est-à-dire que nous n'avons pas cherché.
Et peut-être que, comme Jésus, demanderons-nous à Dieu de pardonner (à ces gens enfermés dans leur culture, et qui ne pouvaient pas comprendre... que le meilleur leur était offert ?)
g-root
(aujourd'hui, j'ai 51 ans)
(une petite équipe d'enfants est venue me visiter. Une petite équipe de la pieuse gente, sans même en avoir conscience.
(Pieuse gente future, comme un clin d'Oeil)
(le royaume des cieux n'est-il pas à ceux qui sont comme eux ? - Matthieu 13/14)

Frère Michel, vous dites :
Citation :
Comment dois-je réellement me comporter le jour où mes yeux lancent des éclairs, mais où je dois simultanément ne pas fulminer, mais exhorter à la pénitence, mettre en garde contre l'abomination... (Rév d'Arès 36/17). En effet, ce jour-là je dois tout à la fois montrer de la colère (lancer des éclairs) et garder toute ma lucidité pardonnante, puisqu'exorter à la pénitence, ce ne peut être que manifester cette sorte de lucidité.
Ne s'agit-il pas là, d'une nouvelle façon de pardonner ?
Le pardon qui exorte (en même temps) à la pénitence ?
Nous avions tendance à proposer le pardon (encore de manière un peu religieuse?) en tant que remède suffisant face à la violence et à la haine. Cela m'apparaît maintenant (par votre lecture plus approfondie de la Révélation d'Arès), inexact.
(un petit peu comme la charité chrétienne comme remède aux maux du monde, alors que les pèlerins d'Arès parlent (et pratiquent) la charité de l'âme).
Pardonner, mais sans oublier d'exorter à la pénitence (c'est-à-dire au changement individuel en bien, possible par un travail d'auto-transformation volontaire de soi).
Pardonner, sans oublier (d'enseigner) l'héroïsme (Le Livre ch.XXXV), par la bonté active et l'amour conquérant.
 
C'est parce que la foi arésienne est belle qu'elle mérite d'être mieux connue
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  frMichel, 7 mai 2006
J'ai modifié la fin de ce message le 8 mai.

Cher Geairoutte,
Non, en parlant de la crucifixion de Jésus comme conclusion (parmi d'autres, qui eurent été possibles) de son exhortation à la pénitence, je ne pensais pas du tout à ma solitude.
J'y pensais d'autant moins que, pour atroce qu'elle fût, la mort de Jésus était plus utile à l'humanité, comme leçon perpétuelle, que ne l'est ma solitude qui ne sert absolument à rien. La crucifixion, supplice publiquement exhibé, était encore en soi une exhortation à la pénitence pour ceux qui réfléchissaient un peu, tandis que la solitude, je ne vois pas en quoi elle exhorte à la pénitence. En rien. Au contraire, la solitude me cache au monde.
Mais c'est comme ça. Je ne m'en plains pas pour moi; ça ne plante pas des clous dans mes bras ni des épines dans ma tête. Si je m'en plains, c'est parce que je ne peux pas aider l'assemblée aussi bien que je le voudrais et le monde au-delà de l'assemblée. À mon âge, cette situation restera ce qu'elle est dans la pratique, mais je m'arrange pour ne pas rester trop isolé grâce à mon blog, mon courrier, etc.
Je n'ai rien à dire à propos de la deuxième partie de votre entrée.
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 Madeleine, 8 mai 2006
J'avais enlevé le message qui suit parce que je trouvais qu'il ne correspondait pas bien à la lucidité pardonnante, mais comme g.root le trouvait sympathique, alors, et tant pis pour moi, je le remets.
Exorter à la pénitence, être naturellement pardonnant, m'a fait penser au sportif qui choisit de faire une course en montagne, d'atteindre tel sommet. Il n'en voudra pas à la montagne s'il s'écorche le genou à la roche ou s'il a des difficultés à se tailler des marches dans la glace. Il a simplement le regard fixé sur le but qu'il s'est donné. La pensée de devoir pardonner à la montagne ne lui vient même pas à l'esprit. Bon, je vous l'accorde, c'est peut-être un peu simpliste. Ce n'est sans doute pas une très bonne image puisque, bien sûr, il n'exorte pas la montagne à se transformer. Oh, c'est même complètement idiot comme exemple puisqu'il n'y a pas d'action sur la montagne. C'est d'ailleurs pourquoi j'avais enlevé ce message.
Cependant, même si l'exemple est idiot, il m'a permis de mieux comprendre le: "tu ne seras plus rien pour toi-même" ( Révélation d'Arès 40/6). De même le: "Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre" (Mathieu 5/39). Nous avons choisi un but: le monde changé, il n'y a plus que cela qui compte. Nous recevons des coups, mais ils n'ont plus la même importance si nous parvenons à voir l'autre non plus en tant qu'offenseur, mais en tant qu'homme capable de changer. Nous garderons alors, même dans la colère, la lucidité des mots à prononcer. Je crois même que de cette colère, qui n'a rien à voir avec celle qui déstabilise et après laquelle on n'est pas bien, émane une force que l'autre ressent et qui peut l'amener à changer parce qu'elle est dénuée de tout jugement. Dans cette démarche d'exortation, nous faisons le sacrifice de nous-même.
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 Bernlouby, 8 mai 2006
Citation :
La pensée de devoir pardonner à la montagne ne lui vient même pas à l'esprit. Bon, je vous l'accorde, c'est peut-être un peu simpliste. Ce n'est sans doute pas une très bonne image puisque, bien sûr, il n'exorte pas la montagne à se transformer. Oh, c'est même complètement idiot comme exemple puisqu'il n'y a pas d'action sur la montagne.
Bonjour Madeleine,
Juste pour abonder dans ton message et pour dire que, dans l'ascension, le grimpeur peut pester contre la montagne, l'exhorter à changer, se mettre en colère après ses cailloux et ses ravins, comme le jardinier se met en colère après la ronce et l'ortie, mais c'est vrai que la meilleure action sur la montagne, la ronce ou l'ortie, nous la mènerons en menant l'action sur nous-mêmes, en fortifiant notre âme par l'ascension de la montagne qui retrouve alors en même temps la sienne, car, pour moi, dans la montagne, il y a l'idée du monde et de l'assemblée, sur lesquels nous agissons avec nos âmes, nos has [et pour finir avec la polone tous ensemble, Rév d'Arès XXXIX/12]
Je n'ai qu'un moyen de changer le monde : changer ma vie
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  Madeleine, 8 mai 2006
Citation :
le grimpeur peut pester contre la montagne, l'exhorter à changer, se mettre en colère après ses cailloux et ses ravins,
Mais non, Bernard, mais non, je ne parlais pas d'ascension, mais d'exortation à la pénitence. Exorter l'offenseur à changer. Comme lorsque tu as exorté cet homme qui avait volé le blouson à le rendre. Tu avais gardé la lucidité pardonnante, dans ta façon d'être et de t'adresser à cet homme, elle était évidente.
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Visiteur, 8 mai 2006
Sinon, il y a aussi l'image du nageur, qui peut se prendre un nénuphar dans le nez, et qui peut (dans ce cas très précis aussi) se mettre à pester contre ce foutu végétal aquatique. Puis, finalement, se dire que les nénuphars c'est très pratique pour les grenouilles, et tout rentre dans l'ordre!
Elle est t'y pas belle la vie comme ça?
Goldorak
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 Bernlouby, 8 mai 2006
Citation :
Sinon, il y a aussi l'image du nageur, qui peu se prendre un nénuphare dans le nez, et qui peut (dans ce cas très précis aussi) se mettre à pester contre ce foutu végétal aquatique. Puis, finalement, se dire que les nénuphares c'est très pratique pour les grenouilles, et tout rendre dans l'ordre !
Elle est t'y pas belle la vie comme ça !
C'est vraiment comme ça que j'oscille entre la colère après l'ortie et la louange au Créateur pour tout ce qu'il fait de bon sous toutes les formes, quand je me rends compte, en me pardonnant, de tout ce que je n'ai pas compris encore, mais est-ce vous frère michel, goldorak, ce visiteur?
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Visiteur Bruno, 9 mai 2006
Magnifique de lumière et de vérité nourrissante, ce que je viens de lire sur le site AbsoluteLife que je ne connaissais pas.
Mais je n'ai pu m'inscrire. pour poser une question sur le forum du pardon.
Je voulais poser la question de ce cas :
"Si l'offense est connue et qu'elle ne cesse pas, comment se protéger?
Face à un offenseur non croyant et qui s'en prend à votre foi et dont l'esprit de réussite est dominé par la domination.
Nous savons que nous devons de toute façon ne pas rendre le mal pour le mal. Devons-nous réellement rester "des doux et petits" ? Ne doit-on pas gagner en force pour rendre l'amour toujours plus reliant ?
Sommes-nous condamnés par exemple à ne pas être à des postes décisionnels dans le monde ? Je ne pense pas.
N'y a-t-il que la patience dans la paix comme réponse ?
Difficile paradoxe."
Bruno
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Visiteur Roger C., 9 mai 2006,
Pardonnez la confusion, mais Goldorak est vraiment Goldorak, et non le frère Michel (il voulait parler d'une autre phase de ce présent échange, sans doute). C'est le pseudo un poil provocateur que j'avais choisi, foi de Roger (de Paris), pour pondre ce précedent post un tantinet taquineur de la grenouille et du nénuphare.
C'est surtout l'intervention de Bruno que je trouve assez essentielle ici, et qui soulève une problématique qui m'obsède. Dans ce que j'ai observé ces derniers temps, je trouve admirable le niveau de bonté des uns et des autres dans ce qu'ils concoivent de la Révélation d'Arès, et ce qu'ils appliquent dans leurs vies. Seulement, je me demande si nous ne sommes pas tombé dans un angélisme de bon alois, qui semble désarmer d'une part, et déconnecter d'autre part d'une réalité pressante par trop de bonhommie, au détriment du réalisme.
La notion même de se défendre ne paraît pas du tout évidente pour la plupart, et semble être le gage de l'erreur même. Je pense qu'en notre sein, il y a là une démesure sur laquelle je tire une sonette d'alarme. Est-il d'actualité de poussez dans le fort intérieur des uns et des autres l'absolu logique du pardon à son aboutissement dès cette génération ? Y faire tendre la plupart dès maintenant ne conduit-il pas, hélas, à les désarmer, d'une certaine manière (puisque l'art de la nuance et des antinomies n'est pas facilement accessible tout de même)?
Roger C.
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 Bernlouby, 9 mai 2006
bonjour Roger, alias goldorak,
Heureux de te retrouver ici au coin des nénuphars et des colères naturelles du créateur que nous sommes,
oui aussi, bonne question que celle du pardon nécessaire et permanent et de l'attitude forte, claire, responsable dans un monde qui ne sait plus où aller pour grandir et trouver le vrai bonheur par lui-même,
je vais y réfléchir aujourd'hui,
je pars au boulot ailleurs,
mais ce n'est pas un art, c'est tout une vie et c'est la découverte de soi et des autres, une nouvelle vie, une nouvelle nature, qui appartient à chacun, comme à la plante, à la corne du grille,
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  Madeleine, 10 mai 2006
Cher Bruno, cher Roger.
quand je lis vos deux textes je pense à ce que dit le Père:
C'est de la bouche des doux et des petits que partent les flammes qui consumeront les méchants, les faux et les cupides. (Révélation d'Arès 33/9)
fort dans le Vrai (XXVIII/21)
La difficulté c'est de vivre cette Parole au quotidien, d'avoir une absolue confiance en elle, comme un petit enfant a une absolue confiance en ses parents. Il ne s'agit pas de laisser faire ou de se laisser faire, mais de trouver les mots absents de tout jugement, fermes et déterminés quand il y a un problème à régler, sans cesser d'avoir la volonté d'aimer. Ce n'est pas facile mais je suis convaincue qu'à la longue l'autre le ressent et que cela l'ébranle. Alors que, et j'en fais hélas, encore trop souvent l'expérience, si je ne suis plus dans cette tension d'aimer, je m'affaiblis et je me sens écrasée par tout ce qui m'entoure.
Je crois vraiment que de garder en soi "la lucidité pardonnante" (c'est une expression qui me parle bien, alors je vous la ressers!) est une force transformatrice de ce monde et non une faiblesse.
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Visiteur Roger C., 10 mai 2006
Merci, chère Madeleine. Mais je ne suis pas certain que la simple évocation d'un verset, si beau et éloquent soit-il (quoiqu'en notre sein il tend à sonner comme le fameux "doux jésus" des cathos, le truc dans le genre "mou du genoux" quoi...), suffise à résoudre la problématique que je soulève, et que j'ai sans doute très mal explicitée. Mais, peut être que je me trompe de lieu. Ce dernier doit être, à ce que j'en observe, celui où l'on broute paisiblement les succulentes choses évangéliques.
Bien à vous.
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  Madeleine, 11 mai 2006
Cher Roger
Dites-moi, d'où vous vient cette expression "mou du genou"? Je connaissais les genoux qui rigolent, ou les genoux qui tricotent. Quand je descendais un peu vite d'une course en montagne, comme j'étais prise de tremblements au niveau des genoux, je disais que j'avais les genoux qui tricotaient ou rigolaient selon l'inspiration du moment. J'ai également recherché les paroles de cette ritournelle: "J'ai la rate qui s'dilate, j'ai le foie qu'est pas droit ..." , mais je ne me souviens plus de la suite. À moins que cela ne soit: "J'ai les g'noux qui sont mous!!! Vous m'avez fait rire et cogiter. Bilan de tout cela: j'ai maintenant la ritournelle dans la tête!
C'est de la bouche des doux et des petits que partent les flammes qui consumeront les méchants, les faux et les cupides. (Révélation d'Arès 33/9)
fort dans le Vrai (XXVIII/21)

Vous avez raison, Roger, ces phrases peuvent n'être que de belles phrases si elles ne sont pas vécues. La Révélation d'Arès peut n'être qu'un beau livre si on ne fait pas le choix de le mettre en pratique. Le sermon sur la montagne peut n'être également qu'un beau texte si on ne choisit pas de le vivre.
Mais voilà, nous avons fait le choix du dépassement que propose le Créateur à l'homme Sa créature pour recréer ce monde. Ce choix passe par le non-jugement qui permet d'acquérir la lucidité des mots à prononcer. On ne changera rien si nous ne devenons pas des inconditionnels de l'amour. Autrement nous fonctionnerons exactement comme fonctionne le monde. Vous savez, il est largement plus facile de se laisser aller à l'animosité, au renfermement sur soi qui favorise les petits vélos dans la tête, ou à chercher à clouer le bec à l'autre, plutôt que d'aimer l'autre et de voir en lui (et donc d'agir en conséquence), sa capacité à changer. Je peux vous garantir que c'est un réel dépassement. Le fait de se contraindre à ce dépassement ne produit pas la mollesse, mais la force.
Ce n'est pas pour rien que le Créateur dit:: " La Moisson que Je t'envoie faire, (………..), est un labeur pour les géants des temps anciens, ..." et qu'il faudra plusieurs générations. Moisson de soi-même et moisson d’autres hommes. Peut-être, sans doute même, que nous tous qui avons fait ce choix sommes encore un peu mous, mais l'important est que nous continuions chaque jour l'ascension sans nous décourager et en s'encourageant les uns les autres.
Ce site ne semble pas vous convenir, pourquoi pas! Je formule cependant des voeux pour que vous trouviez ce qui vous aidera à l'accomplissement de cette Parole. Et peut-être que ce sera: ....."Absolutelife!"
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  frMichel, 12 mai 2006
Citation :
"Si l'offense est connue et qu'elle ne cesse pas, comment se protéger?
Cher Bruno,
Je ne sais de quel Bruno il s'agit. J'en connais plusieurs. Qu'importe. La question est universelle.
Pardonner est une chose. Se protéger en est une autre. Pourquoi les confondre?
En pardonnant pour une faute ou une agression persistante ou en pardonnant d'avance pour une faute ou une agression qu'il va commettre, celui dont on doit malgré tout se défendre, on réduit l'acte de défense à la défense. On évite ainsi de donner à la défense le caractère haineux de la colère ou de la vengeance ou de la cruauté. En anoblissant le geste du combat (physique ou intellectuel, c'est la même chose) on le situe sur un tout autre plan, plan mesuré que celui dont on se défend sent toujours, même s'il n'en a pas l'air. L'issue de la joute est généralement plus rapide, moins dramatique. C'était l'esprit de la chevalerie d'autrefois.
Ceci étant, nul doute que devoir se défendre de (et donc appliquer une certaine violence à) celui qu'on pardonne laisse le pardonneur-défenseur insatisfait. Il a l'impression de ne pardonner qu'à moitié ou parfois même de ne se défendre (ou de ne défendre sa cause) qu'à moitié. Mais que faire d'autre dans cette génération de violence où il faut, malgré tout se protéger?
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Visiteur Maryse, 3 juillet 2006
Nous sommes des pécheurs et aussi, même quand nous luttons pour rester sans péché, des humains avec des nerfs. Nous passons par des moments de faiblesse et de cécité affective ou morale au cours desquels le pardon est difficile, voire impossible, ne serait-ce qu'un temps très court comme, par exemple, le temps de la colère.
Mais la colère elle-même est problématique en ceci qu'il y a colère et colère: La colère commune et dégradante pouvant conduire à des mots et des actes regrettables et la colère à l'image de celle du Père aimant, celle qui n'est pas éteinte à jamais (Rév d'Arès 30/9). Nous voyons bien ici que La Révélation d'Arès nous entraîne à des comportements tout à fait nouveaux. Il faut, dans la perspective du pardon qui, dans l'absolu, est une notion non culturelle, nouvelle, réfléchir aux comportement nouveaux auxquels nous sommes poussés comme petit reste, car le petit reste n'est pas un club de médaillés posant béats pour une photo, mais des hommes du temps qui vient, des hommes nouveaux.
Citation: [la citation manque]
Je suis d'accord avec vous. Comme vous dites, la colère décervelle. Mais elle est aussi le résutat face à ceux qui montrent mépris et indifférence et également provoquée par les non-dits et la lâcheté: les gens qui savent ce que vit la personne qui se met en colère et qui se taisent et les gens qui n'écoutent pas et/ou ne savent pas voir.
Certes la personne colèrique est dans une grande passion, mais la colère passée elle peut s'exprimer, encore faut-il non seulement écouter, mais surtout chercher à comprendre d'où vient cette colère. La vie n'est pas à sens unique.
NE PAS PROVOQUER LA COLÈRE, car ceux qui provoquent la colère ne doivent-ils pas dire pardon aussi surtout à eux-mêmes???
L'IMPORTANCE DE PARDONNER AUSSI (je parle pour le colérique).
Oui, le PARDON est primordial pour évoluer!!
J'en témoigne.
Bien à vous Frère Michel
Maryse
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  Rosie, 26 juillet 2006
Bonjour Maryse, bonjour à tous,
C'est pas toujours facile d'y voir clair quand on traverse un orage...Mais ces échanges me font l'effet du va et vient des essuie-glace sur le pare-brise de mon auto quand il pleut averse. Une récente tempête m'a donné l'occasion de réaliser oh combien il est important de pouvoir se pardonner ( soi-même ) pour pouvoir pardonner à l'autre... Marise nous rappelle : " (...) ne doivent-ils pas dire pardon aussi surtout à eux-mêmes ??? ". J'ai envie de dire : " Pardonne à ton prochain comme tu te pardonnes à toi-même."
Car si on ne peut pas se pardonner ses propres fautes, manquements ou péchés, c'est de la culpabilité que l'on couve, on se sentira toujours mauvais et donc incapable de pouvoir pardonner complètement .Nos systèmes archaiques ont bâtis leur immense pouvoir sur cette fondation de culpabilité , invisible mais encore bien encrée .
J'ai donc fait une liste des choses que je n'arrivais pas à me pardonner ( comme le conflit s'enlisait ce fut très utile ) et patatra les mêmes choses que je n'arrivais pas complètement à pardonner à l'autre se retrouvèrent devant moi ! Méditer là-dessus m'a permis d'entrer patiemment sur la voie de la réconciliation. Se pardonner sa propre colère par exemple, c'est d'abord mettre de la lumière sur sa volonté de dominer l'autre, cela permet de pouvoir s'en repentir et d'entrer en pénitence. Car s'il n'y a pas de pénitence, on tombe dans l'indulgeance.
Merci aussi de m'avoir éclairée sur ce que sont en fait ces fameuses flammes qui consumment les méchants, sortant de la bouche des doux et des petits ( Rév. d'Arès 33/9 ) car après avoir lu les précédants échanges m'est revenue en mémoire cette Parole transmise par Isaie : " Le calme et la confiance sont ta force ". C'est aussi dans cette énergie qu'il faut comprendre la défence chevaleresque selon frère Michel car si la moindre peur s'immiscie dans la défence , on tombe dans la contre-attaque ou la fuite .Car pardonner c'est avoir la force d'embrasser la blessure ouverte, purulante pour qu'elle se referme ( la compassion pour les bouddhistes ), la transformation du mal en bien. C'est dans cet esprit qu'on peut comprendre Matthieu 13/15 :
...Ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux de peur que leurs yeux ne voient...
Rosie

Be happy and recreate the world !
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  Madeleine, 26 juillet 2006
Merci Rosie de relancer le thème du pardon. Tu touches à un point, la culpabilité, qui est souvent un frein à la pénitence puisqu'elle nous ramène en arrière et que Mes Pas ne t'accompagneront pas en arrière... (39/6).
Tu dis:
Citation :
" Pardonne à ton prochain comme tu te pardonnes à toi-même."
Je me souviens avoir eu cette démarche de vouloir me pardonner. Le pardon, je croyais qu'il s'adressait aussi à soi-même. Or, quand Nina et Nicole ont fait leur atelier sur le Pardon, comme elles insistaient beaucoup sur le fait que le pardon était un don que l'on faisait à l'autre, j'ai posé la question: "Mais peut-on se pardonner à soi-même?" Et Nicole m'a répondu, non. Le pardon étant uniquement tourné vers l'autre. Ce qui m'a énormément déroutée. Je culpabilisais toujours pour un acte posé 15 ans auparavant qui m'alourdissait et l'esprit et l'estomac. J'aurais donc bien aimé qu'elle me dise oui et j'aurais continué à travailler sur moi dans ce sens. Mais aujourd'hui je réalise que j'aurais quand même gardé à l'esprit l'acte posé.
Or, dans la Parole, le Père, à travers Jésus dit: S'ils ne pèchent plus, Je ne Me souviendrai plus de leur passé, ils entrent dans la pénitence. (30/13)
Cette Parole m'a touchée mais je voyais un peu le Dieu de la religion qui fermerait les yeux sur cet acte. Il n'y a pas très longtemps que j'ai découvert que le "Je ne Me souviendrai plus....", c'est moi qui ne me souviens plus. C'est extraordinaire. Je et moi, c'est la même chose. C'est largement mieux que de travailler à se pardonner! Enfin, pour moi, et cela permet d'avancer.
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  frMichel, 27 juillet 2006
Citation :
J'ai envie de dire : "Pardonne à ton prochain comme tu te pardonnes à toi-même."
Car si on ne peut pas se pardonner ses propres fautes, c'est de la culpabilité que l'on couve, on se sentira toujours mauvais et donc incapable de pardonner complètement...
Ma chère Rosie,
Je crains que votre raisonnement soit exactement ce qu'on appelle en philosophie un sophisme. Sophisme, il l'est aussi en matière de Vérité simple.
Vous confondez "Pardonne à ton prochain comme tu te pardonnes à toi-même," qui n'existe pas dans la Parole avec la Parole bien connue: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, dont l'origine est Lévitique 19/18 et que Jésus aimait rappeler.
Je pense que votre raisonnement, parti d'un bel élan de votre cœur qui se confond ici avec la raison, vient de ce que vous confondez de même amour et pardon. Les deux certes sont des réactions de sagesse et le pardon découle généralement d'amour, encore que par nécessairement chez des personnes non spiritualisées, mais la causalité de l'un n'est pas la causalité de l'autre.
Si vous avez conscience, ou mieux encore connaissance, que vous êtes la créature — le fils ou la fille — du Père aimant, vous honorez en vous aimant vous-même Celui qui vous a fait l'image et ressemblance de Lui-même (Genèse 1/27). C'est la causalité de cet amour de vous-même d'où suit la causalité de votre amour du prochain, puisque ce dernier est également image et ressemblance du Père. Par là vous êtes frères.
Par contre, cette causalité du Père à la créature humaine n'existe pas dans le pardon parce que le pardon implique le mal, le péché, et que le Père n'est pour rien dans le mal ou péché. Le mal est un acte envers le prochain, c'est au prochain qu'on fait mal, non à soi. Par exemple, si vous vous mentez à vous-même, il n'y a à cela aucune conséquence tant que ce mensonge fait à vous-même ne se répercute pas sur le prochain. La Révélation d'Arès ne désigne le mal qu'en tant qu'il est fait directement ou indirectement à autrui; par exemple, vos pensées immorales, qui vous damnent, prétend le catholicisme, sont en fait sans conséquence tant qu'elles ne font de tort à personne; autre exemple, toucher un mort ou ne pas se laver les mains et bras avant la prière, "impuretés" qui vous damnent, prétendent le judaïsme et l'islam, sont de même sans conséquence s'ils ne font de tort à personne. C'est un sujet qu'on ne peut épuiser en quelques lignes dans un échange de table ronde, bien sûr. Aussi, pour raccourcir, disons que c'est, comme le rappelle Madeleine, pour cette raison (entre autres raisons) que le Créateur lui-même dit: Je ne pardonne pas le pécheur, il lui faut cesser d'être pécheur (Rév d'Arès 30/10).
Comment l'homme peut-il se pardonner ce qui ne peut pas être, selon le Père lui-même, objet de pardon? Le pardon n'a de sens que de vous à autrui ou vice versa, mais n'a aucun sens de vous-même à vous-même, sauf dans une culture d'autoculpabilisation(*) que justement dénonce La Révélation d'Arès comme sentiment vicieux que développent en vous les clergés et autres moralistes pour vous affaiblir et vous soumettre à leur pardon illusoire (Rév d'Arès 30/14).
Mais là il y a peut-être aussi une autre confusion chez vous, une confusion de remords ou mécontentement de soi avec péché. Vous entrez dans un labyrinthe de discussion avec vous-même qui est du domaine de la psychologie, même souffrante, mais non du rapport entre bien et mal. Cela peut en effet entraîner une dépense d'énergie morale totalement inutile. Néanmoins, le rapport de ce remords au pardon, qui existe dans la religion traditionnelle, est démenti dans La Révélation d'Arès. Ce n'est pas là la moindre des difficultés que rencontrent les personnes de culture classique qui étudient la Parole d'Arès, je l'admets.

(*) Je connais mal l'usage du mot "culpabilisation" qui n'existait pas au temps lointain de mes études et qui a surgi dans les années 60 ou 70. Peut-être devrais-je dire "culpabilisation de soi" ou "culpabilisation" tout court?
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  Madeleine, 28 juillet 2006
Cher frère Michel, cher Rosie
Merci à Rosie qui, par son message, a permis une telle réponse:
Citation :
Si vous avez conscience, ou mieux encore connaissance, que vous êtes la créature — le fils ou la fille — du Père aimant, vous honorez en vous aimant vous-même Celui qui vous a fait l'image et ressemblance de Lui-même (Genèse 1/27)
Cela donne un peu plus l'envie d'être l'Honneur de Dieu.
Dans les contacts de rue, je découvre que beaucoup ont du mal à s'aimer.

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Fin de la Table ronde retranscrite publiquement par Frère Michel sur AbsoluteLife MSN -
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