L'homme bon
Madeleine,
25 avril 2006
Qu'est-ce
qu'un homme bon?
Et surtout, comment parvenir à être bon,
puisque c'est en se recréant bon, dans la liberté
absolue que ce monde changera en bien ?
Je croyais qu'il y avait similitude entre l'homme bon
et le jardinier. C'est ce qui m'était venu dans la tête quand j'étais
dans la Parole.
J'ai
pensé que lorsqu'un jardinier met une plante en terre, il ne la voit
pas dans son apparence immédiate, il la voit dans l'espérance qu'elle
est d'un beau jardin.
L'homme bon ne voit pas l'autre avec
ses piercings, son iroquois, ses tatouages ou son costard cravate, il
le voit dans son potentiel de bien pour ce monde.
Quand le jardinier
découvre qu'une de ses plantes pique du nez, il n'est pas à se
lamenter, ni à pleurer avec sa plante ni à la noyer d'eau. Il sait ce
qui va lui convenir pour qu'elle se redresse, il lui donne ce qu'il
faut mais pas plus.
Quand l'homme bon voit quelqu'un qui
n'est pas bien ou dans le besoin, il sentira ce qu'il peut lui donner
ou le comportement à avoir qui permet à l'autre de prendre possession
de lui même. Et je peux en rajouter....
Mais la réaction d'une
personne dans la rue qui me dit en gros: "Quand un jardinier a des
plantes nuisibles dans son jardin, il les détruit, et l'homme bon
que fait-il des hommes nuisibles?" Cette réponse remet en question ce
que je pensais.
La seule direction, actuellement que j'aie c'est: "la bonté ne
peut prendre vie que chez un être absolument libre de sa pensée".
Pensées fraternelles à tous
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g-root,
25 avril 2006
Votre réflexion sur l'homme bon resonne sur une
prise de conscience personnelle que je définis par la "bonté active".
Qu'est-ce que être activement bon ?
Certainement
pas laxiste, mais impliqué dans une logique de bonté permanente (comme
nous devons entrer dans une logique d'amour évangélique -l'amour du
prochain- permanent).
Quant aux mauvaises herbes du jardin, je crois qu'il ne nous appartient
pas de juger autrui, et (de mémoire, pour ce qui
est du spirituel) laisser le Grand Jardinier faire ?...
C'est parce que la
foi arésienne est belle qu'elle mérite d'être mieux connue.
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frMichel,
25 avril 2006
Je
cite Madeleine: La seule direction, actuellement que j'aie c'est: "la
bonté ne peut prendre vie que chez un être absolument libre de sa
pensée".
C'est bien de ne pas dire définition, mais direction, car en effet il
ne s'agit ici que d'un des moyens combinés de devenir bon.
Dire bon est un peu comme dire Dieu.
Ça évoque tout de suite et sans difficulté quelque chose qui paraît
simple, mais qu'on ne saurait expliquer sans difficulté.
Pour un Pèlerin d'Arès un homme bon est un pénitent,
qu'il soit croyant ou non croyant. On pourrait dire aussi autrement
qu'un homme bon est un homme bon pour le Jour
(31/8) du Père, bon pour être parmi les âmes qui
descendront avec Lui des HauteursSaintes (30/11).
L'homme bon sait aimer, pardonner, faire
la paix, rendre son esprit et le monde libre
de ses préjugés, parler et agir avec intelligence.
Le Père ne fixe pas de niveau ni de rythme à la bonté. Il demande
seulement que celle-ci soit une ascension mesurée
mais sans retour vers la vallée grasse où se
désactiverait et se dissoudrait la bonté.
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Madeleine,
26 avril 2006
Bonjour frère
Michel, bonjour g-root, bonjour à tous.
Citation :
Votre réflexion
sur l'homme bon resonne sur une prise de conscience
personnelle que je définis par la "bonté active".
Je
crois qu'en établissant une similitude entre l'homme bon et le
jardinier, je définissais quelque chose d'indéfinissable. Cela reste
effectivement une prise de conscience personnelle
comme dit g-root, qui est donc appelée à évoluer.
Citation :
Dire
bon est un peu comme dire Dieu. Ça évoque tout de suite et sans
difficulté quelque chose qui paraît simple, mais qu'on ne saurait
expliquer sans difficulté.
Quand
j'ai lu votre réponse, frère Michel, je me suis souvenue de l'histoire
racontée par un prêtre de mon enfance qui nous disait qu'il était
impossible d'imaginer Dieu. Je n'en sais plus les termes exacts, ni de
quel personnage il s'agissait, Dom Bosco? le curé d'Ars? ou autre? Peu
importe puisque cela ne change rien au fond.
Un homme marchait de
long en large sur la plage au bord de l'eau. Il se posait des questions
au sujet de Dieu. Qui était-Il vraiment? Il cherchait, il
cherchait...et, tout à coup son regard fut attiré par le manège d'un
petit enfant qui allait chercher de l'eau avec une cuiller(?) et la
vidait dans un trou qu'il avait creusé dans le sable.
L'homme s'approcha et lui dit:
"Que fais-tu mon enfant?
-Je veux vider la mer dans ce trou.
-Mais c'est impossible, tu n'y arriveras jamais.
-Cela me sera plus facile qu'à vous de répondre à la question que vous
vous posez. Et il disparut.
L'homme réalisa alors qu'il était impossible d'expliquer Dieu.
L'important au fond n'est pas de définir un homme bon mais de nous
libérer de tout ce qui empêche d'être bon, et avancer.
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frMichel,
27 avril 2006
Chère Madeleine,
Je
crois que l'histoire en question concerne Augustin d'Hippone (le
st-Augustin de l'église) qui, dit-on, avait rencontré sur une plage, où
il méditait je ne sais plus quel problème métaphysique ou sacré
insoluble (nature de Dieu ou quelque chose comme ça), un ange tentant
de remplir un trou de sable. Mais je peux me tromper. C'est un souvenir
lointain: une gravure sur un "Catéchisme en Image" qui avait appartenu
à mon grand-père Mathurin, le Breton de ste-Anne d'Auray.
Cependant, on trouve des "histoires saintes" du même genre dans
d'autres religions: l'image du puits sans fond, etc.
La
grandeur, que dis-je? la sublimité de la foi est une chose qui tient
surtout à l'attachement, l'attachement jusqu'à la mort, à l'improuvable
(C'est parce qu'il tenait à rester improuvable que le Père est venu à
une homme seul à Arès.) On peut dire la même chose de l'amour et,
naturellement, de la bonté. Ce n'est cependant pas un mystère.
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Bernlouby,
27 avril 2006
hello Mad,
salut à tous les jardiniers du temps qui vient,
Citation :
Mais
la réaction d'une personne dans la rue qui me dit en gros: "Quand un
jardinier a des plantes nuisibles dans son jardin, il les détruit, et
l'homme bon que fait-il des hommes nuisibles?" Cette réponse remet en
question ce que je pensais.
Le jardinier
"détruirait-il" les "mauvaises" herbes ?
il les met dans le tas de fumier ou il retourne la
terre avec pour la fumer...
le jardinier, je le vois plus comme l'homme qui prend la houe
et se met à vouloir faire un jardin... de sa tête
et de ses mains, un jardin
où toutes les herbes retrouveront leur place parce que, lui, jardinier,
aura retrouvé la sienne, aux côtés du "Grand Jardinier", comme dit
géroute... et dire "grand jardinier", pour reprendre ce que disait le
frère Michel à propos de Dieu, c'est dire le grand "bon", celui qui
aime au fond des fonds...
toute herbe mérite qu'on la découvre et tout homme mérite de chercher à
se connaître (ou s'aimer),
salut à tous,
Je n'ai qu'un
moyen de changer le monde : changer
ma vie
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- Fin
de la Table ronde retranscrite publiquement par Frère Michel sur
AbsoluteLife MSN -
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